La naissance de l’association

Rédigé par Bruno
Vénissieux est mort, vive Villefontaine :
A l’époque, j’étais le seul rebelle à rester debout sur mon skate en plastique rouge à double tail, tous mes amis étaient assis dessus à dévaller les pentes.
Je quitte Vénissieux pour atterir à Villefontaine.

Il faudra attendre la période lycéenne pour faire la rencontre de mon pôte Alain (Belin), qui me fait le premier tic-tac avec sa planche Holy-Sport.
Ma mère m’achête une planche Intermarché, avec des roues molles (plus tu roules, plus çà freine), et Alain m’enlève de suite la bulle en plastique qui sert à freiner ![]()
Alain, me présente à ses amis, Jean-Luc Madier et Xavier Blanquet.
Rassemblés, on tente d’apprendre cette figure incroyable vue dans un magazine (papier) de skate. C’est Camillo Reyes qui est en photos, il rentre un ollie-air…c’est tout simplement incroyable et semble impossible.
89, première couronne de Daclin
Impossible le ollie, pas sur…mais difficile à maîtriser losqu’on débute.

Michel Blanquet (père de Xavier), nous emmène à Limonest pour les championnats de France.
C’est magnifique, pleins de skateurs et çà m’impressionne à donf.
J’ai ma planche Intermarché avecdes roues krypto, mais j’ose rien faire, hormis regarder Jason (Mickael Plasse) et Jérémie Daclin.
Compétition mémorable, car pour la première fois, les parisiens sont détrônés.
Certains diront que Daclin ne méritait pas sa place, mais ne les croyez pas.
En fait, la fédé s’est crue au patinage artistique avec des figures imposées. Alors, lorsqu’on demande à Trashmax de faire un simple ollie-air, il te pondra un ollie-kick…
Du coup, pas mal se sont fait éliminer et/ou ont décidé de boycoter le contest.
C’est dommage.
Mais pour ma part, j’ai vu skater Camillo Reyes, Blackie (Stéphane Larance) avec leurs boards immensément longues et larges, Trashmax rentrer un 360° front (genre reverse), Jason (Mickael Plasse) se faire le wall dans toute sa largeur et sortie pop-out, enfin j’ai fait la connaissance de mon ami Hamid Bahri.
Mais, ce qui m’a impressioné c’est notamment Daclin envoyer un ollie sur un banks bien rad’.

La naissance des Wild Kangouroo
Forcémment, après çà l’idée de monter un club a vite grandi dans nos têtes.
Je pense que rien n’aurait vu le jour sans l’appui et les conseils avisés d’un adulte autant passionné que nous : Michel Blanquet.
L’objectif, devenir un club reconnu, avec une infrastructure digne de ce nom et capable d’accueillir une compétition nationale.
Je pense que le nom venait de Xavier et Jean-Luc…je ne me rappelle plus pourquoi, mais les Wild Kangouroo étaient nés.
Dans le bureau, je me suis surtout occupé des logos et participais à l’élaboration des infrastructures.
On avait construit quelques obstacles chacun de son côté et il nous fallait un lieu pour les stocker, car çà devenait contraigant de les trimballer ![]()
On a obtenu un emplacement au Stade de la prairie.
On a tout réalisé à nous-même, hormis la big, pour laquelle nous n’avons fait que les fondations.
Bref, çà a pris de la gueule assez rapidement.

En route pour la coupe de France 93
Les Wild Kang’ sont nés. On commence à passer du temps dans ce parc, et finalement çà attire du monde.
Les jeunes et moins jeunes se mélangent, et partagent leur expérience.
Locaux de Villefontaine, sa périphérie comme la Verpillière, Bourgoin, Meyzieu, et Lyon.
Daclin, Jason, et Gary (le petit prodige de la scène lyonnaise à l’époque) et d’autres lyonnais viendront rider le parc de Villefontaine.
Le jeune Jean-baptiste Ginier-Gillet (JB déja bien stylé) avec sa casquette et sa houpette comptera parmi les membres des Wild Kang’, et fera d’ailleurs avec le club, ses premiers championats de France.
Si lui ne s’en rappelle pas, je me rappelle encore jusqu’Ã sa paire d’Etnies-Natas toutes neuves, qui lui ont valu d’arriver un peu en retard ![]()
Mais, le club aura également contribué à lancer une dynamique régionale.
La première ligue Rhône-Alpes est née, avec notamment les Wild Kang’ et le club de Lyon (Régis Caillol).
D’autres clubs suivront, naîtront et avec eux les premières compétitions régionales qui feront sortir du lot des figures du skate comme : ceux qu’ont appelait les kids, parmi eux JB et Mathieu (Herrero), Raph’ (Vittorelli), Julien Gillot, pour ne citer qu’eux.


La Coupe de France 93 Ã Villefontaine
Le club se porte bien, on a une belle infrastructure, des modules originaux, un bon nombre d’inscrits.
Il ne nous manque plus qu’une grande compétition. C’est vrai, l’idée fait rêver.
Le projet est lancé à l’odre du jour lors de l’une de nos réunions de bureau, qui se déroulent le dimanche matin.
On renforce les modules, on en construit, une petite subvention pour la big…et hopla !
Au programme, street et big.
De Wilfried Petrucci à Nicolas Droz, nombreux sont les skateurs présents.
Pour ma part, j’ai foiré mon run, mais c’est une question d’habitude…j’suis pas fait pour les contests :-[
Le plus intéressant, c’était les entrainements qui boostent tout le monde, ou tout un chacun tente de prendre ses marques et d’impressionner autrui.
Soit on est zen comme un richard Gautier (alias Boulanger), soit on se met un peu la pression comme JB.
D’autres s’étonnent à rentrer des choses qu’ils ne tentent pas d’habitude : Ismaël Rafiq et ses sad-back to fakie en transfert, Mathieu qui envoit des ollie-sad nozebone à se coucher sur son dunlopillo, ou Hamid qui a faillit replaquer un front-270° que j’aurai cru seul Salman Agah pouvait en rentrer.
Mais, la plus heureuse fut certainement Virginie Robin (total respect).
quand je regarde les filles d’aujourd’hui skater, je regrette qu’elle n’ait pas continué.
Elle a épaté tous les riders ce fameux WE, a tel point que même Wilfried Petrucci ne l’a snakait plus.
Ceux qui l’ont connue se rappeleront comme c’était sympa de skater les mini-rampe avec elle.
Quant à l’issue de la compétition : samedi sous le soleil, et le dimanche matin grosse averse…pas glop.

L’après Coupe de France 93
On avait réussi malgré tout à réaliser notre objectif : organiser une grande compétition à Villefontaine, le petit club de la campagne ![]()
A partir de là , tout a vite basculé.
Les études et les aléas de la vie amènent les membres fondateurs à s’éloigner quelque peu.
Pour ma part, je suis pas mal sur Lyon pour mes études depuis 2 ans, et lors des WE et vacances, je me retrouve peu à peu seul dans ce parc, que je me refuse de laisser à l’abandon.
C’est la période où je me retrouve à passer des après-midi seul sous le soleil, ou avec Rémi & Filou.
Des membres fondateurs, il ne reste plus que Michel et moi.
Faute de ne trouver personne pour reprendre, le club se meurt peu à peu car je finis par avoir de moins en moins de temps, et skate de plus en plus sur Lyon.
La mairie récupère l’emplacement et fait le ménage…elle rase tout :’(
C’est la fin pour le beau skateparc des Wild Kang’
La Renaissance
Tout ce qu’il reste aujourd’hui de cette infrastructure, c’est la fameuse vague en bêton du mas-de-la-raz.
A l’époque, c’était une volonté d’extension du club, histoire de mettre en place des spots originaux dans la ville.
Pas si mauvais comme idée, puisque ce sont des jeunes issus du club qui ont remis sur pied un nouveau mouvement de skate pour Villefontaine.
Seul regret, que cela soit arrivé trop tard pour éviter la destruction du parc.

Conclusion
A mes débuts, en 89 après les championats de France, j’en étais revenu motivé.
Devant le Lycée, il y avait un gros plot en béton et, je me disais qu’un jour je pourrai le passer en ollie ![]()
En fait, cela me semblait impossible…
Pourtant, avec ma planche Intermarché, sans concave, avec des roues krypto, quelques temps plus-târd, je passais 6 à 7 planches sur la tranches empilées.
Lorsque les jeunes me voyent aujourd’hui, ils ont du mal à croire que ce soit possible, notamment lorsque je peine à claquer un ollie après une pause de 2 mois ![]()
Mais lorsque je retrouve des anciens skateurs pour lesquels seul le plaisir de skater compte, alors tous ces souvenirs vous boostent à nouveau, et permettent l’impossible.
Ce n’est plus vraiment comme avant, où l’on avait cette soif de progresser pour progresser.
Des Wild Kang’ aux WK, c’est une grande dédicace à tous ceux avec qui j’ai pris plaisir à skater, notamment :
Wild Kangouroo = Alain Belin, Xavier Blanquet, Jean-Luc Madier, Julien Colère (gros ollies), Virginie Robin, les frères Herrero, les frères Rafiq, JB (qui me parlait lorsqu’il était pas encore célèbre), Alain Segui, Alex Loyolla (dommage qu’il ait arrêté…il serait p’tet aussi fort que Luy-Pa aujourd’hui)
Lyon = Hamid Bahri (R.I.P), Raph’ Vittorelli, Marc Baha, Julien
Ceux avec qui je skate encore : Rémi “Doc” Magnard, Filou (roi des ollie-flip indy à l’époque), Guyom, Maldo, Julien, Christian et tous les WK que j’oublie ![]()
allez, dédicace aux autres riders, pas forcément skaters !
Un grand merci à Michel Blanquet également ![]()
Merci à Jérémie Daclin (même s’il ne m’a jamais adressé la parole) d’avoir rentré ce si joli ollie qui m’a fait comprendre cette figure mythique, mais de base ![]()
Merci à Ray Barbee, mon idole encore aujourd’hui
Voilà ce qu’il reste dans mes souvenirs du club des Wild Kangouroo.
A y réfléchir, on était dans une période très Midnight Oil (groupe australien). C’est peut-être ce qui explique le nom ?
@+ jeunes padawans…j’vais me coucher
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